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tracer d'autres lignes, essayer.
✒︎1 – S’engager pour Défaire une méthodo en SHS !
Categories: recherche

Cette lettre où j’explicite ce que je veux faire, ce que je pense faire et ce que je refuse catégoriquement.

Originellement publiée sur substack. c'est utile si vous préférez les newsletter sinon y'a toujours la bonne vieille technique des flux RSS.

Premier degré : c’est quelque chose d’écrire ce premier post hein !

Brève présentation : Je suis qui ?

Me situer est à la fois ancré dans ma démarche éthique au quotidien + un axe majeur dans le développement de mon travail = j’y reviendrais plus régulièrement & longuement dans de futures lettres substack.

Ici, je pose néanmoins que :

  • je suis une personne blanche européenne francophone et que je réside depuis 15 ans sur les terres kanak. Terres toujours colonisées par l’Etat français. Je m’exprime donc depuis un point de vue de colonisateur·ices,
  • je suis féministe, engagée dans les luttes contre toute forme de dominations et inégalités structurelles,
  • j’ai des pratiques d’écriture bien plus créatives (avec le recueil de nouvelles féministes Y’a des coups de pelle qui se perdent et un essai mixte Le bruit des verrous) qu’académiques,
  • je suis devenue masterante en septembre 2024 et j’ai choisi un mémoire de recherche donc par là, je me dis apprentie-chercheuse pour ce temps-là.

Et ce Master HIPSI ?

Master HIPSI pour Humanités : Ingénierie de projets socioculturels et interculturels.
C’est un Master mixte : professionnalisant et/ou de recherche. Je ne savais pas du tout à quoi ça correspondait, j’ai eu beaucoup de préjugés mais c’était une bouée à un moment donné. Je l’ai saisie.

Avant ça, je n’ai aucun parcours académique. Si j’ai pu l’intégrer, c’est par le grade licence du diplôme d’infirmière. un métier quitté en 2017 après 6 ans d’exercice. j’ai beaucoup erré professionnellement jusqu’au master et j’y suis particulièrement parce que mon projet de coeur d’être mécanicienne automobile n’a pas pu être commencé.

Les mains dans le cambouis ? c’est dans l’université que je vais les mettre.

Ce mémoire de recherche c’est sur quoi ?

En gros : les méthodologies de constitution des bibliographies dans le cadre de recherches en SHS. Voici le lien vers la section « à propos » de mon substack où j’ai commencé à publier qui en dit un peu plus… mais en dira toujours moins que les prochains post !

Quelques engagements pour mon mémoire

  1. pas d’IA gen: que ce soit sur scène ou en coulisses (rédaction, correction, relecture, articulation, méthodologie, réflexions, brainstorming, curation, et tout ce que j’omets de citer), je refuse catégoriquement toute utilisation pour des raisons éthiques sur les plans sociaux, environnementaux sans oublier le plan culturel : c’est un outil d’uniformisation massive et d’effacement des pluralités des conceptions du monde, de réflexions et d’écritures,
  2. démarches dans mon travail : je n’ai peut-être pas les bons mots pour nommer alors j’y ajoute ce que je crois que c’est.
  • recherche compréhensive : demander à des étudiant·es en SHS (masterant·es, doctorant·es) et chercheureuses pour comprendre ce qui se joue selon eils dans les constitutions de bibliographie de chacun·e, comment certain·es se détachent d’une manière de faire transmise ou développée sur le tas, comment on développe une pratique émancipatrice dans ce champ,
  • démarche empirico-inductive : je ne ferais pas d’hypothèses à confirmer ou infirmer, je partirais d’éléments présents, observés et observables pour aller vers l’explication de celles-ci,
  • recherche-action : choisir un terrain où cette recherche pourrait déjà avoir quelques impacts en cours du travail,
  • approche transdisciplinaire : si je mentionne pour l’instant “dans les SHS”, c’est que j’ai eu ce questionnement sur la constitution des bibliographies dans chaque discipline qu’on a abordé (survolé) : littérature, anthropologie, sociolinguistique, arts, histoires, …
  • … et interdisciplinaire : parce que les unes et les autres peuvent se questionner, se guider, s’enrichir à travers différentes disciplines et espaces. Un exemple qui me vient là : la question d’une constitution des bibliographies, je la perçois comme le travail des commissaires d’exposition (“curator”) ou de la programmation culturelle d’un espace : qui nous sélectionnons, comment, pourquoi, qui laissons-nous (ou repoussons-nous) dehors. Par là, ça pourrait donner lieu à des échanges hors de l’université.

Disant tout cela, ce sera dans la mesure du possible puisqu’ici je suis bien obligée de (me) rappeler que c’est un mémoire à rendre en mai et non une thèse sur 3 ans ou plus ! Les objectifs de ce mémoire de recherche (de ce que j’ai compris), c’est pour :

  • réfléchir sur le sujet choisi of course,
  • travailler ma méthodologie de recherche pour explorer ce sujet,
  • questionner notre positionnalité et posture de chercheuse.

pour les personnes que vous connaissez et qui pourraient être intéressées, sentez-vous libre de partager ce post public.

et des engagements spécifiques pour ces lettres / post de blog :

  1. un minimum de structure : je ferais de mon mieux pour choisir 1 sujet à expliciter par lettre, que ce soit sur une lecture, un axe de travail, une idée… Cependant je suis au tout début de la formalisation de mon sujet donc il y aura forcément des inachevés (si tenté que nous achevons quelque chose un jour malgré la course effrenée #capitalisme), des retours en arrière et des tentatives,
  2. des codes (un peu?) malmenés : je ne connais pas les codes substack où j’ai commencé à publier donc je vais apprendre au gré du temps (et retours si vous le désirez) et puis je vais m’autoriser des libertés (sauf dans la quête de scientificité et de justesse) dans l’expression et la création autour de ce travail,
  3. pas de rythme d’envoi instauré : je préfère envoyer quelque chose de travaillé pour une lettre intéressante avec des réflexions en cours, des hésitations, des tatonnements de temps en temps, plutôt que de forcer à l’envoi pour faire bien. Mon mémoire, je suis déjà en train d’y travailler régulièrement = le manque d’envoi, ce ne sera pas un évitement du truc-là, 😆
  4. le respect de mes vulnérabilités (présentes & futures) : j’ai explicité mes démarches précédemment mais je suis humaine donc être lue par des personnes que je ne connais pas, sur des textes longs et du temps long pendant mon exercice d’écriture du mémoire : j’imagine que ça peut bousculer d’un côté comme de l’autre, je vais consolider mon propre système de support et puis je verrais mais je ne m’imposerai aucune injonction à l’exhaustivité sur mon intériorité : je préfère me rappeler qu’ici est un espace d’écriture pour soutenir mon travail de recherche dans son ensemble = je fais voeu de précision et de justesse sur toute la généalogie contributive comme en parle Marie-Anne Paveau mais pas sur mon intériorité, mon intimité : cela viendra à point nommé si ça le doit,
  5. toujours pas d’IA gen : pour l’univers visuel, il y aura des photos prises par moi ou des illustrations (toujours avec le consentement de l’artiste). Et d’ailleurs, je commence avec cette illustration réalisée par gemm/tayz_sti, une digital artist kanak de 21 ans qui réalise des œuvres très souvent engagées. En plus, elle réalise tous ses dessins sur tablette au doigt uniquement, un sacré travail :
Illustration type digital art de _tayz_sti qui représente une jeune femme kanak avec un casque audio, un tricot noir, vert et pantalon large. Elle tient un gobelet d’eau qu’elle sirote à la paille tout en regardant un papier brûler où est écrit : IA. 
Contexte du dessin : c’est devant l’accueil de l’université de Kanaky Nouvelle Calédonie.

maintenant que tout ça est posé, merci.

merci de m’avoir lue à travers ce premier post, merci pour ce temps précieux.