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tracer d'autres lignes, essayer.
Écriture de recherche, premiers pas.
Categories: recherche

Cet écrit, c’est le résultat de mon premier exercice pratique d’écriture de recherche. Il date du 12/12/2024.

Il reprend une sorte de méthode qui se veut utile pour nous aider à creuser nos croyances. Cette méthode n’est en rien « universelle », c’est juste celle que je veux emprunter sur ce blog. Celle-ci permet de donner du sens à nos expériences tout en évitant la stagnation au stade de la narration de soi. Si celle-ci est importante en d’autres lieux, elle nous enjoint souvent à rester en surface sur l’analyse. J’ai noté l’enchaînement des quatre parties (la croyance, l’illustration de cette croyance, l’hypothèse, le questionnement) au moyen des notes de bas de page.


Le sujet : Dites moi si il y a eu un changement dans le rapport à l’écriture scientifique.

Je ne me sentais pas à ma place dans la recherche.  Je pensais que mon écriture intime et/ou militante seraient des freins à l’écriture scientifique avec une obligation d’oublier / lisser mes convictions et mes apprentissages militants pour me conformer à un moule académique dominant idéalisé : un cadre cishétéronormatif, masculin et blanc. 1
Le travail en anglais me l’a confirmé par un appel à l’autorité “scientifique” de la part de l’évaluatrice face à une critique anticoloniale non acceptée. 2

Le milieu académique s’octroie un rôle prescriptif et normatif pour les écrits et sujets et donc par extension, pour une société uniforme qui n’existe pas. Cela laisse peu ou prou de place au descriptif : le milieu ne calibrerait pas ce qui peut être décrit de ce qui ne le peut pas, ni selon des normes qui ne correspondent qu’à un universalisme fantasmé. Cela laisse encore moins de place au créatif (dans le sens de créer d’autres hypothèses, d’autres recherches, d’autres organisations). En ça, le milieu de la recherche ne favorise pas la recherche qu’il énonce. Il modifie l’écriture scientifique 3 des chercheuses au moyen d’une auto-censure de ce que nous écrivons. Une auto-censure entraînée qui pourrait même relever d’une possible réponse traumatique avec un évitement à des réactions virulentes. Des réactions virulentes supposées car déjà vécues. Par là, cela devient une amputation de la réflexion et des expérimentations : si l’on ne peut pas écrire ce que l’on pense, nous ne la creuserons pas comme on le pourrait. L’écriture scientifique conditionne ainsi une certaine curiosité, une certaine façon d’y répondre et d’explorer toujours dans les mêmes cadres épistémiques. Elle trace à la fois la quête vers des sources déjà légitimées par le monde académique dominant ainsi qu’une utilisation tolérée par des codes plus ou moins établis, particulièrement flous pour les non-initié·es. Cela entraîne une inertie de la recherche elle-même. 4

    • Comment travailler son écriture scientifique à partir de l’intime, de ses convictions et de références considérées Autres dans un cadre académique traversé par les mêmes dynamiques de pouvoir que la société civile ?
    • Comment redonner confiance dans la recherche scientifique si celle-ci exclut celleux qui ne ressemblent pas aux canons attendus, ou si nous-mêmes n’avons pas confiance en elle ? 5
Notes de bas de page :
  1. croyance[]
  2. illustration[]
  3. note du 10/01/24 : à ce moment-là je ne parlais pas encore d’écriture de recherche[]
  4. hypothèse[]
  5. questionnement[]
Plus de sources dans la Bibliographie du blog