altra(L)ink
tracer d'autres lignes, essayer.
des lignes qui se creusent.

La raison d’être de cet espace

J’ouvre un nouvel exercice d’écriture pour moi : l’écriture de recherche.
Ce premier texte par son but (expliquer l’origin story) et sa forme un peu « autobiographie » sera l’un des seuls : il n’est pas le reflet des écrits qu’il y aura ici. Les textes « autobiographiques » permettront de poser des points de départ sur ce blog. La majorité des autres textes seront davantage dans une dynamique d’écriture de recherche.

Écriture de recherche ou écriture scientifique ?

Sur l’utilisation du terme scientifique, il m’a tenu à distance comme beaucoup parce qu’il trimballe toute une exclusion à lui tout seul. Mes autres articles ne seront pas plus froids fermés inaccessibles 1 que celui-ci. Ils seront toujours des émanations de moi. 2

Je vais essayer de valoriser l’alliance entre celle que je suis, ou que je peux être, celle qui écrit en artiste en militante en personne et puis celle qui veut écrire pour tracer un chemin, construire une pièce de savoir dans l’ensemble des savoirs, entourée de travaux souvent marginalisés. Ce qui suit semble une intention mais en même temps n’est pas qu’une simple intention. Ce n’est pas non plus une assurance dans le sens où je ne me sens pas infaillible pour échapper à des écueils : les invisibiliser, leur faire subir le facile blanchiment.

Cela me semble facile à éviter dans les faits : citer, nommer, être honnête. Aussi laisser imprégner avant d’utiliser, ne pas tronquer ce que l’on croit comprendre, ne pas saisir une phrase que parce que celle-ci nous intéresse, nous conforte ou nous permet de lancer des skud à d’autres… et chercher à se distinguer.

Cela reste une sorte de recommandations, de la cosmétique quoi. J’y travaillerais, j’y réfléchirais aussi comme dit quelqu’un que j’apprécie beaucoup, je le mets en tâche de fond et j’affinerais. C’est aussi en ça que je préfère parler d’écriture de recherche, plutôt que d’écriture scientifique.

L’environnement de mon écriture

Je suis étudiante en reprise d’études. J’ai été sélectionnée pour un master qui peut être professionnalisant ou de recherche. Un master dans le secteur des sciences humaines et sociales et de l’ingénierie de projet socioculturel et interculturel.

Je me suis lancée dans ce master il y a 6 mois pour le contenu SHS lui-même, pour l’anglais SHS, pour les discussions qu’il serait possible d’ouvrir autour et hors des heures de cours et particulièrement : créer des relations avec les étudiantes, intervenir sur des dynamiques relationnelles au sein de la promo que j’aurais identifié au préalable, éviter de tomber dans des schémas récurrents et faciles. Pour me situer un peu 3, je suis une personne blanche 4, assignée femme, dans une promotion de femmes et assignées femmes majoritairement non-blanches. Je me méfie particulièrement des personnes blanches, qui plus est cishétéro, qui n’ont pas conscience de leur position sociale, en nient l’impact ou pire encore, celles qui estiment que la déclaration « le racisme, c’est mal » avec les sourcils froncés suffit. (Ce n’est pas le cas.)

Le premier semestre est passé. J’ai eu des confirmations que je n’attendais pas.
Au sujet des personnes blanches évidemment, au sujet de mon orientation vers la recherche.
En lien avec mon parcours, mes représentations et les exclusions organisées par le milieu de la recherche, je ne me sentais pas légitime d’aller dans la recherche. Finalement, je vais y aller pas à pas et de la façon dont j’en ai parlé plus haut.

Maintenant, ma question c’est aussi : comment j’y vais ? avec quel sujet ? pour quelle finalité ? avec quelle redondance de questionnement je vais devoir jongler ? quels écueils je vais vouloir éviter ? comment et comment ne pas tomber dans des solutions-pansements ? comment ne pas en faire un simple mémoire papier, lu que par quelques un·es, lu par peu d’autres, inaccessible car étiqueté scientifique ? 

*Mes questions en fait.

et le choix de mon support

Un lieu qui ne soit pas cahier, emails, notes ici et là ou bien google doc privé.
Un espace qui puisse être lu sans que je le sache, par des inconnu·es aussi.
Un lieu qui ne soit pas simplement un blog de billets d’humeur, ni de tout type de texte « personnel » et « intime »
Un espace qui soit hors des réseaux sociaux hors des circuits habituels d’interactions hors des habitudes de scroll.

Un espace-temps où j’échappe à la nécessité de vulgariser pour que ça rentre,
où j’échappe à la nécessité de faire un joli visuel en 1080×1080 pour attirer l’oeil.

Un espace où je pourrais documenter mes cheminements et les organiser,
où je pourrais insérer des ressources en notes de bas de page.
Un espace où je peux tracer d’autres lignes, penser autrement au court, moyen, long terme.

Le nom : altra(L)ink.

altra vient à la fois du mot italien autre et d’altera de cet article, un article sur la construction sociale de l’altérité linguistique. cela me rappellera à la portée réflexive que je veux travailler ici, l’écriture de recherche dans le domaine des sciences humaines et sociales. cela me rappellera aussi à des paroles et pratiques formatives et formatrices d’Elatiana Razafimandimbimanana, co-autrice de cet article avec Gail Prasad, et plus largement d’enseignant·es-chercheur·ses que je peux observer pour trouver ma propre façon d’être une étudiante chercheuse.

ink vient du nom d’un atelier créatif qui mêlait dessin et écriture. conçu pour trois ans d’atelier, j’y proposais un espace qui recherchait une symbiose entre les différentes expressions de soi à travers et grâce aux expressions d’autrui. il n’y avait pas de place pour le politiquement correct, ni pour des normes attendues dans le fond comme dans la forme. c’était un espace que je souhaitais artiviste. dans cette lignée, ink pour moi c’est mon écriture plus sensible et artistique, plus vénère parfois plus solaire.

L, ce serait un peu ma voix, la voix d’une elle, parfois d’une æl, d’une personne avec son identité propre et mouvante, ses facettes, ses brisures, ses fêlures, ses forces. une personne qui a envie de tisser un lien entre tout ça et ces deux types d’écriture : altra et ink. L est le lien qui n’apparait pas dans l’adresse car cet « éclair » est venu après la création. Charge à moi de ne pas m’oublier dans ce travail d’écriture de recherche.


altra(L)ink
, pour une identité parfois semblable parfois autre, une identité entière parcelée liée par des écritures dans leurs permanences d’idées couchées qui font des étincelles.

 

 

 

— Musique d’accompagnement —
Particulièrement : Clara Ysé, le monde s’est dédoublé.
En général : Clara Ysé, Oceano noxx
Notes de bas de page :
  1. mes représentations donc[]
  2. dans le sens de la « manière d’écrire », car rien n’émane entièrement de « soi ».[]
  3. j’indique ici seulement ce que j’ai envie d’aborder pour l’heure[]
  4. j’y reviendrais plus particulièrement dans un article de blog dédié, plutôt comme point de situation[]
Plus de sources dans la Bibliographie du blog